Guérir, c’est bien… mais prévenir, c’est mieux !
Contre toute logique, les Français négligent encore la prévention, préférant se focaliser sur le traitement des maladies. Pour les aider à inverser cette tendance, médecins et pouvoirs publics se mobilisent. La Mutualité française, de son côté, intensifie son action dans ce domaine. La prévention sera la première étape du parcours de santé mutualiste.
 
A 63 ans, Michelle assume ses cheveux blancs et son nouveau statut de grand-mère avec une santé radieuse. La jeune retraitée partage ses journées entre les cours d’aquagym, les randonnées en montagne et le baby-sitting. La vie, elle mord dedans avec gourmandise ! Pourtant, il y a trois ans, elle a failli mourir d’un cancer du sein.

« Je ne m’étais aperçue de rien, raconte-t-elle. Mais j’avais lu un reportage sur les vertus du dépistage précoce du cancer du sein. A 60 ans, je me suis dit qu’un petit contrôle ne pouvait pas faire de mal. Et là… le choc ! C’était moins une ! Je m’en suis sortie ave c une petite opération et beaucoup d’optimisme. »

Michelle n’est pas un cas isolé. Les campagnes de dépistage sauvent chaque année plusieurs milliers de vies. Avec la réforme de l’assurance maladie, la prévention s’impose plus que jamais comme un enjeu de santé publique.
 
Au plus près des adhérents
La Mutualité française a fait de ce thème la première étape du parcours de santé mutualiste qu’elle proposera. « Cela fait plus de trente ans que nous œuvrons en ce sens, précise Anie Krynen, responsable du département prévention et promotion de la santé de la Mutualité française. Garder une personne en bonne santé est plus efficace que soigner un malade ! »

L’équipe d’Anie Krynen accompagne les campagnes initiées par les pouvoirs publics, tout en proposant des projets originaux. « Notre force, explique-t-elle, c’est de pouvoir nous appuyer sur la quasi-totalité de nos unions départementales. Nos actions sont relayées au plus près des adhérents. »

Certaines mutuelles vont jusqu’à intégrer la prévention dans leurs garanties :
« Les consultations de nutritionnistes pour les personnes souffrant de surcharge pondérale ainsi que les traitements de sevrage pour les fumeurs sont remboursés », souligne Anie Krynen.
 
Règles de vie
Selon Jacques Cohen, médecin généraliste, la prévention est une question de bon sens. « Dans certains pays asiatiques, rappelle-t-il, on va consulter son médecin lorsqu’on est en bonne santé. La mission du praticien est de s’assurer que le patient ne va pas tomber malade. Si cela arrive malgré tout, il le soigne gratuitement ! »

Une pratique bien éloignée des habitudes occidentales, « même si nous avons indiscutablement fait des progrès, observe le Dr Cohen. Le dépistage des cancers, la lutte contre le tabagisme et la promotion de la santé bucco-dentaire, par exemple, sont des premiers pas encourageants. A présent, il faudrait mettre le paquet ! »

« Mettre le paquet », pour Jacques Cohen, signifie resserrer le maillage de surveillance sanitaire de la population.
« Les hommes entre 25 et 60 ans, en général, et les actifs exerçant dans le secteur libéral, en particulier, restent négligés. Ils peuvent passer dix ou vingt ans sans entrer dans le cabinet d’un généraliste !
La réforme de la médecine du travail, qui étend à deux années au lieu d’une l’espace entre deux visites obligatoires, ne va pas dans le bon sens »
, estime-t-il.

L’avenir ? Il ne passe pas seulement par l’action des pouvoirs publics et des institutions de santé. « La prévention, c’est aussi une hygiène de vie individuelle, conclut le Dr. Cohen. Manger équilibré, faire du sport, ne pas fumer et boire avec modération sont des impératifs que chacun devrait s’imposer. »
Cédric Portal
 
Le plan d’action contre le cancer cible les addictions
Tabac, alcool, cannabis, le plan national de lutte contre le cancer va désormais cibler ces addictions. C’est la principale mesure annoncée par Jacques Chirac le 27 avril dernier, à l’occasion de la présentation de la deuxième étape du plan cancer. Pour le président, « ces addictions sont des causes majeures de cancer. Elles doivent être traitées comme des maladies ». Pour y parvenir, un service d’addictologie devrait être mis en place dans les prochains mois au sein de chaque centre hospitalier universitaire (CHU). Les médecins pourraient également bénéficier de formations spécifiques.

Après la généralisation du dépistage du cancer du sein, le chef de l’Etat a également annoncé le lancement du dépistage du cancer de l’utérus et du cancer colorectal. Le dépistage du cancer de la prostate devrait être évalué dans des régions pilotes en 2007 avant une éventuelle mise en place au niveau national.

Ph. R.
 
Les contrats responsables font de la prévention
Les contrats responsables, proposés par votre mutuelle depuis le 1er janvier 2006, prévoient le remboursement d’au moins deux prestations de prévention. Cette mesure entre en vigueur à partir du 1er juillet 2006. Les actes de prévention choisis par votre mutuelle peuvent concerner plusieurs domaines dont, par exemple, la santé bucco-dentaire (détartrage, scellement des sillons sur les molaires avant 14 ans…), les dépistages (troubles de l’audition chez les plus de 50 ans, hépatite B…) ou encore les vaccinations (coqueluche, BCG…).

Les contrats responsables définissent les règles que doivent respecter les garanties des complémentaires santé afin d’accompagner le dispositif du médecin traitant. Ces contrats, qui ne prennent pas en charge les dépassements d’honoraires hors parcours de soins, garantissent en contrepartie un bon niveau de remboursement pour les patients qui ont déclaré leur médecin traitant.
Ph. R.