Mieux connaître
les antibiotiques Découverts par hasard au début du XXe
siècle, les antibiotiques sont devenus
indispensables pour traiter certaines
infections. Mais ils ne sont aujourd’hui
pas toujours bien utilisés. En France, un
traitement antibiotique sur deux est inutile.
Une surconsommation dangereuse.
Les antibiotiques
soignent-ils toutes
les infections ?
Utilisés à bon escient, les antibiotiques sauvent des vies
et permettent de guérir de nombreuses infections, mais pas
toutes ! En effet, les infections sont dues à des microbes.
Il peut s’agir de bactéries, de virus (grippe, herpès…),
de champignons (mycoses) ou de parasites (paludisme…).
Les antibiotiques sont capables de tuer ou de stopper la croissance des bactéries. En revanche, ils n’ont aucun
effet sur les autres microbes. Ils ne sont donc utiles que
pour traiter une infection bactérienne. Ils ont quasiment
éradiqué la tuberculose, le choléra ou la syphilis et sont toujours couramment utilisés contre certaines
infections pulmonaires et angines, mais aussi otites,
méningites, infections de la peau et infections urinaires.
Une consommation
inadaptée
•Les Français sont les plus gros consommateurs
d’antibiotiques en Europe. Les enfants de moins de 6 ans
sont ceux qui en reçoivent le plus : en moyenne quatre
traitements antibiotiques par an, surtout en hiver.
Pourtant, deux tiers des rhino-pharyngites, angines
et autres bronchites aiguës sont d’origine virale.
Elles guérissent spontanément en quelques jours !
La campagne « Les antibiotiques, c’est pas automatique »
a contribué à faire changer les comportements.
En un an, la consommation a baissé de 10 %.
C’est bien, mais encore insuffisant. On estime en effet que la moitié des traitements antibiotiques prescrits
en France est inutile.
Des conséquences
préoccupantes
Cette surconsommation est très coûteuse pour la
collectivité. Elle est également à l’origine d’un phénomène
croissant depuis une vingtaine d’années : la résistance
des bactéries aux traitements. En effet, l’administration
répétée des antibiotiques favorise la sélection de souches
de bactéries devenues insensibles à leur action.
Les infections bactériennes sont alors difficiles à traiter
et peuvent devenir graves. Des germes résistants
peuvent passer d’un individu à l’autre. Ils peuvent
aussi transmettre leurs gènes de résistance à d’autres
familles de bactéries, qui deviennent à leur tour résistantes.
Aujourd’hui, près de la moitié des pneumocoques
sont déjà insensibles à la pénicilline. En Angleterre,
où la consommation d’antibiotiques est deux fois
moins importante qu’en France, moins de 5 %
des pneumocoques sont résistants !
Inversons la tendance !
Ce phénomène de résistance est réversible.
Pour le faire régresser, il faut changer nos comportements.
Chacun peut agir. Il suffit de : • ne pas insister pour que votre médecin prescrive, à vous
ou à vos enfants, des antibiotiques quand il le juge inutile,
•ne pas prolonger, ni raccourcir le traitement
antibiotique prescrit,
• respecter la dose prescrite, et le moment de la prise,
•ne pas donner à votre enfant, ni prendre vous-même,
un antibiotique sans avis médical. Même si vous croyez
reconnaître les symptômes !
• contacter votre médecin si le traitement
antibiotique qu’il vous a prescrit
n’améliore pas votre état.
Boissons
• LE CONSEIL : boire au moins un litre et demi d’eau
par jour, pendant et entre les repas.
Seule l’eau est indispensable pour se désaltérer,
et en France, vous pouvez boire l’eau
du robinet ! Sodas et autres boissons
sucrées sont à éviter : une canette
de soda contient l’équivalent de
6 morceaux de sucre ! L’excès
de sucre augmente le risque
de déséquilibre nutritionnel et
la prise de poids… jusqu’à l’obésité.
• Pour en savoir + www.ameli.fr Le site de l’Assurance maladie
comporte de nombreuses pages sur les antibiotiques.
www.antibiotiques-info.org Ce site francophone du Programme national d’information
sur les antibiotiques (Canada) est clair et très complet.
Vrai / Faux
• Les antibiotiques permettent de faire
baisser la fièvre. Vrai et faux. Ils agissent sur sa cause
(l’infection), mais pour faire baisser la fièvre,
il faut aussi prendre des antipyrétiques
(paracétamol ou éventuellement aspirine).
• Dès que l’on se sent mieux,
on peut les arrêter. Faux. Raccourcir la durée d’un traitement fait
courir le risque d’une rechute. La rallonger, par
précaution, est tout aussi inutile et augmente
le risque de résistance des bactéries.
• La plupart des rhino-pharyngites
guérissent sans antibiotiques. Vrai. Comme la majorité des angines et des
bronchites, elles ont pour origine l’infection
par un virus, contre lequel aucun antibiotique
n’est efficace.
• Les antibiotiques permettent d’être plus
rapidement sur pied en cas de grippe. Faux. La grippe est une infection liée à
un virus. Les antibiotiques ne sont utiles
qu’en cas de surinfection bactérienne.
• Il n’existe pas de génériques
pour les antibiotiques. Faux. Et ils coûtent au minimun
30 % moins cher !.
• Un test permet de savoir en
10 minutes si une angine nécessite
des antibiotiques ou pas. Vrai. C’est le Test de diagnostic rapide
des angines (TDR). Il permet au médecin
de savoir avec certitude si une angine
est d’origine virale, ou bactérienne.